19 mars 2026
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) annonce le déploiement d’Aurora, un projet innovateur et perturbateur qui permet de détecter et de prévenir des crimes graves commandités sur les réseaux sociaux. Grâce à une vigie structurée active jour et nuit, Aurora permet au SPVM de maximiser sa capacité d’intervention en amont des crimes de violence visant des commerçants.
Une vigie proactive et efficace
Depuis plus de six semaines, les équipes spécialisées du SPVM ont accru la surveillance des plateformes où circulent des offres de contrats criminels, qu’il s’agisse d’incendies, de fusillades ou d’invasions de domicile. L’analyse du vocabulaire codé, la détection rapide des risques d’infractions imminentes et la coordination immédiate entre les différentes unités permettent de prévenir la commission de crimes. Cette approche proactive a déjà mené à 20 arrestations et à la transmission de renseignements à d’autres corps policiers.
«?Aurora démontre déjà la force du travail collaboratif de nos équipes. En combinant l’expertise de nos différentes unités autour d’une même vigie numérique, nous parvenons à perturber les réseaux criminels avant qu’ils ne passent à l’action. Les résultats dépassent nos attentes et confirment l’efficacité de cette nouvelle approche?», explique le commandant Francis Renaud, chef de la Section du crime organisé du SPVM.
Les premiers résultats d’Aurora montrent que les suspects proviennent de milieux variés et que plusieurs ont entre 14 et 17 ans. Cette réalité confirme l’importance d’intervenir tôt et de perturber ces activités criminelles sur les réseaux sociaux. En ciblant les plateformes où circulent des contrats criminels, Aurora permet de freiner la criminalité dans cette tranche de la population et de réduire les risques d’escalade.
Ces jeunes, souvent sollicités pour effectuer des tâches précises, reçoivent rarement les sommes qui leur sont promises. Cette donnée met en lumière la nature instable et trompeuse de ces échanges et renforce la nécessité d’agir rapidement pour limiter leur exposition à ce type d’activités.
«Les individus qui utilisent les réseaux sociaux pour offrir ou accepter des contrats criminels doivent savoir que ces plateformes ne les protègent plus. Nos outils et nos techniques d’enquête nous permettent de les retracer et ils devront répondre de leurs actes devant la justice?», signale pour sa part la sergente-détective Maya Alieh, de l’unité spécialisée en cyberenquêtes du SPVM.
Le SPVM maintient le cap
Le SPVM multiplie les efforts dans la lutte contre les crimes de violence visant des commerçants. Le lancement d’Aurora constitue une mesure supplémentaire aux efforts déjà déployés.
Rappelons que dès 2024, le SPVM a tendu publiquement la main aux commerçants ciblés par des actes criminels, en plus de confier la coordination opérationnelle de toutes les enquêtes à la Section du crime organisé. Puis en 2025, l’escouade ÉCLIPSE a effectué des visites dans plus de 2 700 cafés, bars et restaurants, afin d’augmenter la visibilité policière et de recueillir du renseignement utile aux enquêtes. En complément, les postes de quartier ont partagé des mesures de prévention et de soutien à des centaines de commerçants dans le cadre du projet ENSEMBLE.
Ces efforts ont aussi mené à des vagues d’arrestations en 2025. Au total, 86 événements de violence visant des commerçants ont été répertoriés et 46 suspects ont été arrêtés à ce jour. De ce nombre, environ 25 % étaient mineurs. Ces résultats démontrent la détermination du SPVM à contrer la violence commanditée et à protéger les communautés commerciales de Montréal.
« Avec Aurora, le SPVM franchit une nouvelle étape en ciblant directement les espaces numériques où se négocient ces actes criminels. Le projet comprend également une composante d’enquête visant les individus qui reviennent régulièrement offrir ou accepter des contrats, ainsi que des démarches auprès des entreprises technologiques pour faire fermer des espaces de discussion utilisés quasi exclusivement à des fins criminelles », ajoute le commandant Renaud.
L’objectif demeure le même : prévenir les crimes avant qu’ils ne surviennent et perturber les réseaux ou les individus qui cherchent à exploiter les plateformes numériques pour commettre des actes violents.
